You Are Actually Doing Something for the Fate of Humanity

Que reste-il après une résidence d’artiste? Des sons, des images, des mots, des odeurs? Qu’est-ce qu’on apporte avec nous et qu’est-ce qui doit rester? Durant mon séjour à Baltimore, j’ai récolté des bouts de rue – du béton, de l’asphalte et des briques. Ces bouts de rues ont fait les nouvelles; ils ont vue des gens marcher et courir, et certain.e.s s’écrouler sur le sol. Pendant la résidence, ces fragments de rue sont restés à mes côtés jours et nuits. Cette rue a probablement été témoin de mes petites crises existentielles, de mes soirs agités et de mes matins paresseux. À ce moment là, une équipe de chercheurs de l’université John Hopkins travaillaient sur le projet DART – Double Asteroid Redirection Test – un plan pour faire dévier la trajectoire d’un astéroïde qui se dirigerait vers la terre. À chacun ses batailles. Là-bas, on se bat aussi pour garder le Baltimore Club en vie, un style de musique et de danse exalté né dans les années 80, qui a permis à des milliers de jeunes marginalisés de s’exprimer. Je me suis laissée bercer par les rues de Baltimore pendant 3 semaines et à mon retour à Montréal j’en voulais encore. Jordan Anthony, un jeune danseur de Bmore Club a accepté de collaborer avec moi à distance et m’a envoyé une vidéo spécialement pour le projet. Cette distance avait en fait toujours existée, même lorsque j’avais les pieds bien posés sur le sol de Charm City. Comment parler de quelque chose que l’on connait mal. Comment écouter quelque chose de lointain. Comment montrer quelque chose qu’on ne voit presque plus.

Le projet You Are Actually Doing Something for the Fate of Humanity a été développé lors d'une résidence d'artiste au centre Pigment Sauvage à Baltimore, Maryland en février 2019 et a été présenté à ICA Baltimore et à la galerie B312 à Montréal. Le projet est commissarié par Gabrielle Lajoie-Bergeron.

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